Skip to main content

Le passé comme prélude

Skip to main content

Pendant près de 40 ans, Mark Daniel Maloney et sa famille ont prouvé que le Rotary connecte le monde. Aujourd'hui, l'homme qui se décrit comme un voyageur enthousiaste embarque pour un nouveau voyage : celui de la présidence du Rotary International.

Par Photographies par

Nous sommes dans le nord de l'Alabama, à deux semaines de Noël, et le club de Decatur vit au rythme des événements qui ponctuent cette période de fin d’année. Le samedi précédent, les membres du club et les fidèles de l'église de Stone River ont offert un petit-déjeuner de pancakes et une visite au grand magasin Target à plus de 70 enfants. 

En ce lundi de réunion statutaire, l'orchestre de jazz du lycée Austin accueille les quelque 120 membres avec des airs de Noël : « Santa Baby », « Feliz Navidad » et        « Baby, It’s Cold Outside », même si la température extérieure avoisine les 40°C !

Une fois les instruments silencieux, Larry Payne, le président du club, s’écrie :  « Où est donc passé Mark ? » La salle pousse des exclamations et siffle avec bonne humeur. L'homme en question s'avance au podium et déclare fièrement sous les applaudissements :  « Mark Maloney est à Decatur, dans l’Alabama ! ». Près de 120 personnes portent un toast. Salut au chef !

Gay et Mark Maloney chez eux à Decatur, en Alabama ; Les peintures de Gay sur la cheminée représentent Mark sur un pont à Castle Combe, un village anglais dans le Cotswolds.

Photo par Cary Norton

Dans son article sur la visite du grand magasin, le Decatur Daily présente Mark Maloney comme « membre du club », ce qui, sans être inexact, est loin de refléter sa stature. Depuis son entrée au Rotary en 1980, Mark a occupé les fonctions de gouverneur de district, d'administrateur du Rotary et de la Fondation, d'adjoint au président et de président du conseil de législation et de la commission de la convention de Sydney en 2014. Un petit éventail des postes occupés, tous en prélude à son nouveau rôle : président du Rotary International.

« Il n’y a pas plus qualifié pour être président », explique Bill Wyker, qui connaît Marck depuis près de 40 ans.        « C'est un excellent communiquant et un esprit brillant. Il est plein de compassion et d'attention envers les autres. Personne au club n'est surpris qu'il atteigne l’échelon le plus haut. »

Bill, qui a succédé à Mark à la présidence du club de Decatur en 1986, revendique la tradition de taquiner gentiment son prédécesseur avant chaque réunion.        « J'admets avoir instauré la tradition qui perdure encore aujourd’hui ! D'ailleurs Mark l'a lui-même encouragée ! Le club adore ça, et bien sûr on ne taquine jamais quelqu'un pour qui on n’a pas un profond respect. »

 

Dans son allocution au club en décembre, Mark, qui se décrit comme le voyageur le plus enthousiaste, cite les régions qu’il vient de parcourir. Un tour du monde qui a débuté par le Nevada et la Californie, pour continuer vers l’Angleterre, l’Inde, Singapour, l’Indonésie et Taïwan, avant le retour à Decatur. Mais le plus long voyage de Mark a commencé il y a bien longtemps, dans un pays qui, un siècle avant l'arrivée des avions à réaction, se trouvait au bout du monde.

Avec trois jeunes enfants et la perspective de riches terres agricoles de l'autre côté de l'Atlantique, Arthur et Catherine Maloney quittent l'Irlande frappée par la Grande Famine et embarquent pour les États-Unis. (Le couple laisse derrière lui deux enfants plus âgés, dont un qu'ils ne reverront jamais.) Nous sommes en 1849. À leur arrivée à la Nouvelle-Orléans, direction le Nord jusqu'au comté de Gallatin, dans le sud de l'Illinois, où ils s'installent à Pond Settlement dans une communauté d’immigrants catholiques irlandais.

« Mark est un gars brillantissime que l’on aime dès la première poignée de main ! »

Mark Daniel Maloney nait 106 ans plus tard, le 14 mai 1955. La ferme familiale, située à l'extérieur de la petite ville de Ridgway, s'étend déjà sur près de 5 kilomètres carrés. Depuis des décennies, la famille élève des bovins de boucherie et cultive des aliments pour le bétail, mais Patrick Maloney (le père de Mark) et ses deux frères optent cette année-là pour la culture du maïs, du blé et du soja. Ils achètent 6 kilomètres carrés de l'autre côté de la rivière Ohio, dans l'État du Kentucky, et doublent ainsi la surface de l'exploitation familiale. 

C'est dans cet environnement que Mark grandit, mais il devient vite évident qu'il n'est pas destiné à une carrière agricole. Lors des concours entre clubs 4-H (Ndt: clubs de jeunes créés dans les campagnes par le ministère de l’Agriculture), il repart toujours avec les plus grands honneurs. Pas pour ses compétences d’agriculteur en herbe, mais pour ses qualités d'orateur. Son discours de 1966 – A Dream Becomes a Goal (Un Rêve devient un objectif) – lui vaut le premier prix de la Fête agricole de l'État de l'Illinois. Deux ans plus tard, il remporte le concours d'orthographe du comté en épelant correctement le mot « bludgeon », et deux ans plus tard, il est choisi pour présider la Fédération 4-H du comté de Gallatin. Puis vient l'accomplissement qui en fait pâlir plus d'un : en 1962, Mark et sa sœur de cinq ans, Kristi, remportent le concours de costume hawaïen lors de la Journée annuelle du popcorn de Ridgway ! 

Dans la capitale mondiale autoproclamée du grain de maïs soufflé, il n'est d’occasion plus grande que la Journée annuelle du popcorn, le deuxième samedi de septembre. « C'était l'événement phare du village », explique Rick Rotramel, ancien résident de Ridgway et membre du club de Danville (Illinois). Après une séance gratuite au cinéma et la parade, les enfants se rassemblent au kiosque à musique pour participer au concours du plus gros mangeur de pop-corn ou aux concours de bulles de chewing-gum ou de saut de grenouille. Les gagnants remportent un dollar en argent.

À 13h00, la fanfare s’élance depuis Main Street. Puis suit la Reine du popcorn, comme la décrit la gazette locale, flanquée de sa cour – chars, formation militaire, patrouilles et chevaux, machines agricoles flambant neuf et autres personnages pittoresques ! Après le concours de tire de tracteur, le reste de la journée est consacré à la musique, du spiritual au gospel en passant par un certain Teen-A-Go-Go.

Un tel évènement ne saurait se passer d’un maître de cérémonie, et en 1981, Ridgway en confie la responsabilité à Mark. Il tiendra ce rôle chaque année, sauf l'année du baptême de sa fille Phyllis et lorsqu'il devra assister à des funérailles.       « Cette journée du popcorn, qui s’étend aujourd’hui sur tout un week-end, figure immanquablement à mon calendrier » déclare Mark. Pour l’anecdote, la plaque d'immatriculation de sa voiture est PPCRN.

Dans le sens des aiguilles d'une montre, à partir du haut à gauche : Mark à l’exploitation familiale vers le milieu des années 1960, avec sa mère, Doreen, son père, Patrick, et ses deux sœurs, Kristi (à gauche) et Erin ; Mark et Gay en 1980, l'année où il est entré au Rotary ; le major de promotion Ridgway High, en 1972 ; Mark et Gay, toujours souriant, en 2019 ; les Maloney et leurs filles, Margaret (à gauche) et Phyllis à la convention 1990 à Dallas ; la ferme est dans la famille Maloney depuis 180 ans.

« Mark a un très bon sens de l’humour. Il monte le projet et veille à son exécution, mais il sait s'amuser en même temps », explique Rick Rotramel qui participe à l'organisation de l'événement annuel depuis les années 1980. Et d’ajouter : « Mark et moi ressentons la même chose pour notre ville natale. Nous en sommes très fiers. Chaque année, ils nous demandent de l’animer. Je réponds toujours : “Inutile d'appeler. Seule la mort nous empêchera de nous en charger ! »

En 1968, Mark s'inscrit au lycée privé catholique Chaminade de Saint-Louis, qui lui octroie une bourse complète. Mais ses parents refusent : Chaminade est un pensionnat et ils ne sont pas prêts à laisser partir leur fils. En revanche, ils lui promettent de l'envoyer dans la meilleure université – comme si un enfant du calibre de Mark avait besoin de plus de motivation. Mark étudie au lycée de Ridgway où sa mère, Doreen, enseigne l'anglais. « Elle était drôle et c’était une excellente professeure. Tout le monde l’aimait », se souvient Rick, qui avait un an d'avance sur Mark.

Mark excelle, et pas uniquement sur le plan académique. Il est élu à plusieurs postes, dont celui de président du conseil des élèves et de délégué au comité paritaire étudiants-enseignants. Tout en conservant un rôle de premier plan au sein des clubs 4-H, il est également actif au sein de l’orchestre, de la chorale, du club d’espagnol, de la vie du lycée et du National Beta Club – un cercle qui promeut un comportement éthique et moral et dont il est un des représentants. À la remise des diplômes, en 1972, il prononce le discours d'adieu de sa promo. Ses camarades l'ont élu « l’élève avec les plus grandes chances de réussir ». Mark est aussi nommé Meilleur jeune catholique de l'année dans son diocèse de 28 comtés. 

Puis vient le départ pour l'université : Harvard. Ses parents ont tenu leur promesse. Durant le 2ème semestre de sa première année, Mark suit un cours sur le fonctionnement du gouvernement américain. Le professeur, Paul Simon, est un politicien de l'Illinois qui passe l'année à l'Institute of Politics de la John F. Kennedy School of Government de Harvard. Les deux hommes deviendront des amis proches, et Mark sortira cum laude de sa promo d’Histoire.

En 1974, Paul Simon est élu Sénateur (une photo préélectorale publiée dans le Gallatin Democrat montre Mark, qui a participé à la campagne électorale, debout aux côtés du candidat, arborant une veste en cuir noir et un sourire satisfait !). L'été suivant l'obtention de son Bachelor, Mark décroche un stage dans le cadre du programme Lyndon Baines Johnson à la Chambre des représentants à Washington où il travaille pendant deux mois au bureau de Paul Simon. Dans son article annonçant la sélection de Mark, le Gallatin Democrat note aussi qu'à Harvard, il avait été président de la Harvard Memorial Society, gestionnaire des équipes de football américain, de football et de crosse, président du Undergraduate Managers Council et membre du comité des sports.

 

Mark et Rick Rotramel, les organisateurs des Journées du popcorn de Ridgway (ils ont été les « grands marshals » du défilé de 2017).

Photographie par Eddie Quinones

À l'automne 1977, Gay Blackburn, qui est en deuxième année à la faculté de droit de Vanderbilt, à Nashville dans le Tennessee, participe à un séminaire de droit international. Diplômée de l’université Agnes Scott, à Atlanta, Gay est originaire de Decatur, dans l’Alabama, où son père est avocat mais aussi ancien maire de la ville. Pendant un cours, plusieurs étudiants sortent des petits sacs de popcorn ramenés de leur week-end dans le sud de l'Illinois où s’est déroulée la Journée du popcorn. Le groupe d’étudiants avait été entraîné dans cette escapade par un autre des camarades de classe de Gay, le jeune Mark Maloney.

Une conversation sur les attractions du village amène peu à peu les deux étudiants à se fréquenter tout au long de l'automne. Pendant les vacances de Noël, Gay accompagne Mark à une fête du Harvard Club à Nashville, puis ils se rendent tous les deux à Decatur pour célébrer les fêtes de fin d’année. Ils terminent 1977 au cinéma devant un film de Wall Disney. « On se sentait bien ensemble, juste heureux de voir Peter et Elliott le dragon le jour de l'An », se souvient Mark.

L’année suivante en février, Gay accompagne Mark pour quelques jours en famille, un moment qui restera gravé dans leur mémoire. Dans le comté de Gallatin, bon nombre des 8 000 habitants sont apparentés aux Maloney. « Mark et sa mère ont volontairement limité mes rencontres à 22 de ses parents ! », raconte Gay. Le couple visite l’exploitation familiale du Kentucky, dîne au Red Geranium, un restaurant chic à New Harmony, dans l'Indiana, joue aux cartes, loue des films et Gay prend des photos de la famille de Mark.

 

« Cette journée du popcorn, qui s’étend aujourd’hui sur tout un week-end, figure immanquablement à mon calendrier » déclare Mark. Pour l’anecdote, la plaque d'immatriculation de sa voiture est PPCRN.

Le dimanche matin, le couple assiste à la messe à Shawneetown. Avant de repartir pour Nashville, Mark emmène Gay visiter l’église St Patrick du Pond Settlement érigée sous l’impulsion des Maloney dans les années 1850. L’épaisse couche de neige les dissuade d’une promenade alentour. En quittant la ville, ils s’arrêtent à la ferme des Maloney où Gay capture un cliché de la maison familiale. Sur le porche, les parents de Mark saluent le couple qui reprend la route.

Dix jours plus tard, Mark retrouve Gay à la bibliothèque de la faculté et lui annonce le décès de ses parents dans un accident de voiture. Pat, 48 ans, et Doreen, 46 ans, sont morts sur le coup. Les photos prises par Gay pendant leur séjour sont les dernières du couple. L'accident a eu lieu le jour du 21ème anniversaire de Kristi, la sœur de Mark, étudiante à New York. Sa sœur cadette, Erin, qui était à l’arrière, est grièvement blessée.

En quelques semaines, Mark crée un fonds de dotation pour une bourse d'études au nom de ses parents – le Pat and Doreen Maloney Memorial Scholarship Fund – puis il publie dans le Gallatin Democrat un avis pour exprimer sa gratitude à tous ceux qui se sont tenus aux côtés des siens après l’accident : « Nous remercions les habitants du comté de Gallatin de l’amour, de la compassion et du soutien qu’ils nous ont témoignés durant cette épreuve. Notre croyance en la bonté de l'homme s’en trouve réaffirmée. »

Aux amis qui viennent présenter leurs condoléances, dont Paul Simon, Gay se présente comme la « petite amie de Mark ». De fait, ils se fiancent début avril.  L’accident a précipité nos fiançailles », dit Gay.

                                                                                                           

Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du haut : Les membres de l’équipe nigériane d'Échanges de groupes d'étude au club de Decatur en 1985 ; Mark lors d’une action de distribution de filtres à eau à l'automne dernier dans les îles Vierges américaines ; les clubs de Mark et de Gay, Decatur et Decatur Daybreak, se sont associés au club de St Thomas East pour cette action ; les Maloney avec Jonathan Majiyagbe, ancien président du Rotary ; la famille Maloney avec Rajendra Saboo, alors président du Rotary, et son épouse, Usha, à Decatur en 1991 ; Mark et Gay à Bangalore en Inde en 2012 ; le couple dans un lycée à Lagos, au Nigeria en 1990.

Au cours de leur troisième et dernière année à la faculté de droit, le couple se pose la question de leur futur lieu de résidence. Gay, qui avait quitté l’Alabama pour découvrir d’autres horizons pendant ses études, n’a pas changé d’avis ; elle veut voir le monde.

Mais lors d'un week-end à Decatur, le père de Gay, Gilmer Blackburn, emmène Mark faire un tour en voiture. « Gilmer m’a vanté la vie dans une petite ville et les avantages d'exercer dans un cabinet d’avocats familial », explique Mark. Le couple se laisse tenter par cette nouvelle perspective : « Quand nous avons emménagé à Decatur, nous pensions rendre service aux parents de Gay ». Un sentiment partagé par sa femme : « Je pense que mon père avait imaginé la qualité de vie que nous pouvions trouver à Decatur. Mais à l’époque, nous ne l’avons pas immédiatement compris », explique Gay.

« Gilmer était un homme brillant », raconte Ken Schuppert, qui, avec sa femme Lynn, est l’un des associés du cabinet juridique fondé par le père de Gay (Blackburn, Maloney and Schuppert). À l’instar des Maloney, le couple Schuppert est membre du Rotary et Ken est actuellement vice-président du conseil d'administration de la Fondation Rotary. « Son expertise en matière de fiscalité des assurances-vie était rare. Il a été l’un des premiers avocats fiscalistes dans l’Alabama au milieu des années 1950. Mais il nous a surtout appris à nous investir localement et à servir notre communauté. » 

« Je pense que Gilmer a été une figure paternelle très forte dans la vie de Mark. Ils avaient développé une relation étroite », raconte Bill Wyker, du club de Decatur. Bill se souvient aussi très bien de la mère de Gay : « Phyllis avait une force de caractère exceptionnelle. Elle soutenait son mari, mais elle avait ses propres idées et activités. Si elle avait décidé quelque chose, rien ne pouvait la faire changer d’avis. »

 

« On nous avait dit que nous étions des ambassadeurs de bonne volonté, et à ce jour je l'appelle toujours Monsieur l'ambassadeur. Il avait un excellent contact avec les gens, et il cernait très vite leur culture. »

Après leur mariage en juin 1979, et une fois Mark diplômé en droit fiscal de l'Université de New York, les Maloney s’installent à Decatur. Bill explique que son enfance passée à la campagne a aidé Mark à s’intégrer rapidement dans son quartier. « Mark est un gars brillantissime que l’on aime dès la première poignée de main ! »

Pour Ellen Didier, membre du club de Decatur, Mark est l'une des personnes les plus dignes et formelles : « C'est déroutant de découvrir à quel point il est en fait chaleureux et drôle. Il y a une authenticité dans son cœur, son humilité, son esprit - et son autodérision également. »

Mark rejoint le Rotary en 1980. Cinq ans plus tard, à l'âge de 30 ans, il est élu président du club de Decatur. C'est alors qu'il apprend qu'une équipe nigériane d'Échanges de groupes d'étude doit se rendre dans l’Alabama et que Decatur n'est pas prévu au programme. Il passe quelques coups de fil, et l’équipe africaine séjourne deux jours à Decatur. « On s'est donné à fond », raconte Gay. « Mark et moi avons organisé une fête pour eux chez nous, et nous avons veillé à ce qu’ils soient bien accueillis. Le chef d'équipe a insisté pour que Mark conduise l'équipe américaine au Nigeria l'année suivante. Alors Mark est parti 40 jours et 40 nuits au Nigéria ; nos filles, Phyllis et Margaret, n’avaient que quatre et deux ans. » Un prélude à son futur thème – Le Rotary connecte le monde.

« On nous avait dit que nous étions des ambassadeurs de bonne volonté, et à ce jour je l'appelle toujours Monsieur l'ambassadeur », raconte Mike Curl, l'un des six membres de l'équipe EGE de Decatur partie au Nigeria. « Il avait un excellent contact avec les gens, et il cernait très vite leur culture. »

En juillet 1990, Mark retourne au Nigeria, cette fois-ci avec Gay, son manuel sur l'art africain sous le bras ! Mark a déjà rencontré Jonathan Majiyagbe, qui vient de terminer son mandat de premier directeur d’Afrique noire du Rotary. Lors de cette visite, Mark et Gay séjournent chez Jonathan et son épouse, Ade, à Kano. « J'ai trouvé Mark très agréable. Il travaillait très dur. Un véritable ordinateur ! Il se souvient de tout dans les moindres détails » raconte Jonathan. Les deux couples se lient d’amitié et lorsque Jonathan est nommé président du Rotary en 2003/2004, il choisit Mark et Gay comme adjoints.

 

La première famille du Rotary pour 2019/2020 (de gauche à droite) : les deux filles Phyllis et Suzanna, le petit-fils Peter, le gendre Blake, la fille Margaret, Gay, le petit-fils Patrick, et Mark.

Photographie par Bryan Meltz

En 2003, moins d'un mois avant de prendre ses fonctions, tandis qu’il est en déplacement à Brisbane, en Australie, Jonathan apprend le décès de sa femme alors à Leeds, en Angleterre. « Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans Mark. Il a organisé mon voyage pour Leeds, et lui et Gay m’ont accompagné à leurs frais pour rester à mes côtés. Ils sont ma famille de Decatur. »

Autre ami de longue date rencontré au Rotary : Larry Lunsford, son adjoint à la présidence. Membre du Rotary club de Kansas City-Plaza (Missouri), ancien gouverneur du district 6040 et ancien directeur du Rotary, Larry arbore un CV impressionnant. Pourtant, il est le premier à admettre qu'il est difficile de trouver au Rotary quelqu'un d'aussi expérimenté que Mark : « Il excelle dans l'art de définir le processus le plus à même de concrétiser ses objectifs et ceux du Rotary, et il va mettre à profit ses compétences organisationnelles et administratives pour renforcer le Rotary. »

Larry rappelle la priorité que Mark veut accorder au développement de l'effectif, notamment la nécessité d’une plus grande diversité dans notre approche pour recruter et fidéliser, ainsi qu’au renforcement de notre partenariat avec les Nations unies, un levier pour rehausser le statut de notre organisation dans le monde. Selon Larry : « Mark souhaite une synergie encore plus forte entre le Rotary et les Rotaractiens, ces derniers étant plus convaincus que jamais de l’intérêt d’intensifier leurs relations avec le Rotary. »

Puis Larry évoque « la plus grande force de Mark : son cœur en or et Gay. Une super équipe, qui rend Mark encore plus efficace. »

Celle qui voulait étendre ses horizons, et dont le souhait a été largement exhaussé, apprécie l'ironie de pouvoir voir son ancien lycée du pas de sa porte. « Je me souviens avoir pensé, lorsque nous nous sommes installés à Decatur, que nous tournions le dos à la possibilité de découvrir le monde » raconte-t-elle.

Bien au contraire. Dans le salon des Maloney, les photos, accrochées à côté des peintures colorées de Gay, et les souvenirs éparpillés sur les étagères racontent leur parcours de 39 ans au Rotary. Gay a elle-même rejoint la famille rotarienne en 1996 en devenant membre du club de Decatur Daybreak. « Mark et moi pouvons pratiquer le droit ensemble et élever notre famille ensemble », avoue-t-elle. « Mais aucun club au monde n'est assez grand pour nous deux. »

Les filles Maloney n’ont pas échappé au parcours rotarien de leurs parents. « Nos filles ont grandi avec une vision du monde propre aux enfants qui voyagent », explique Gay. À elles deux, Phyllis et Margaret ont assisté à plus de 30 conventions, et leur expérience d’autres cultures ont influencé le cours de leur vie. Phyllis a étudié l'histoire et la littérature anglaise à Harvard et à Cambridge et obtenu un diplôme en droit de Yale. Fascinée par les mots lorsqu’elle était enfant, Margaret a choisi la linguistique à Harvard et après une carrière dans l'édition à New York, elle termine sa quatrième année de médecine à la Stony Brook University de Long Island.

 

« La plus grande force de Mark : son cœur en or et Gay. Une super équipe, qui rend Mark encore plus efficace. »

En 2014, les Maloney ont accueilli Suzanna Greer comme leur troisième fille après le décès de sa mère. « Bien sûr, Mark a été sensible à la situation de la jeune fille, ayant lui-même vécu la même tragédie », raconte Gay. « Il a immédiatement accepté lorsque j’ai proposé qu’elle s’installe chez nous. » Aujourd'hui âgée de 25 ans, Suzanna est étudiante à l'Université de South Alabama et a participé à trois conventions du Rotary, tandis que Patrick, 7 ans, et Peter, 4 ans, les enfants de Phyllis et de son mari, Blake Johnson, ont déjà deux conventions à leur actif.

Parmi les photos rassemblées dans le salon, quelques-unes témoignent de la rencontre de Marc avec deux papes. Rien de surprenant puisque le nom Maloney viendrait du gaélique Maol dhomhnaigh, qui signifie « dévot de l'église ». Mark a siégé pendant 12 ans au comité des finances de l’église catholique Annonciation de Decatur (anciennement Église Ste Ann) et pendant 16 ans au conseil pédagogique de l’église Ste Ann. « On peut toujours compter sur Mark », déclare le révérend Ray Remke, ancien pasteur de l'église Annonciation. « Il incarne sa foi en la vivant en paroles et en actes. »

Maloney vit sa foi dans un esprit œcuménique. Mark et Gay assistent régulièrement à la messe dominicale à l'Annonciation et aux services religieux de la First United Methodist Church, où Gay et Mark se sont mariés. Il participe également à un groupe d'étude biblique qui se réunit chaque semaine à l'église épiscopale Saint-Jean.  « Mon père m'a appris l'importance de servir son église, sa famille et sa communauté », explique Ronnie Dukes, également membre du club de Decatur.      « Et Mark excelle dans ce domaine. »

Mark est fier de sa ville d'adoption, qu’il aime faire découvrir aux visiteurs : l'Old State Bank, où l'on a trouvé des balles et des obus de mortier de la guerre de Sécession ; le terrain de jeux Riverwild et les fontaines de jeu dans le parc Delano, une oasis de verdure à laquelle les Rotariens et d'autres habitants ont redonné vie ; et Habitat for Humanity Development, où chaque année des étudiants de Harvard travaillent pendant leurs vacances de printemps, une tradition lancée par Phyllis en 2002 quand y elle étudiait et qui a été reprise par le Decatur Daybreak Club.

Les habitants de Decatur sont tout aussi fiers de leur héros local. « Le fait que Decatur soit la résidence du futur président du Rotary International est une apogée ! », s'émerveille David Breland, ancien juge du comté de Morgan, aujourd'hui l'historien de Decatur et le responsable du patrimoine local.

« Mark est un homme exceptionnel, l'une des personnes les plus impressionnantes qui m’ait été donné de côtoyer », déclare Bill Wyker. « Je suis heureux qu'il soit le prochain président du Rotary où il laissera son empreinte. »

Article publié le magazine The Rotarian dans le numéro de juillet 2019.

Découvrez comment vous pouvez soutenir les initiatives du président Maloney.

En savoir plus

Découvrez le thème et le matériel présidentiel.

Télécharger