

Dans les années 1960, quand il était enfant, Don McEnhill voyait bien qu’il y avait quelque chose de différent dans les épaisses formations de végétation semblables à du bambou que lui et ses amis traversaient en trombe sur le chemin de la rivière Russian. « Vous n’aviez aucun insecte sur vous. Pas d’araignées, rien du tout », se souvient-il.
Il ne le savait pas à l’époque, mais l’absence d’insectes signalait que cette plante mystérieuse n’était pas indigène des cours d’eau du nord de la Californie autour du chalet familial à Healdsburg. Ce n’est qu’au début des années 2000, lorsqu’il a commencé à travailler avec Russian Riverkeeper et d’autres groupes locaux de conservation, qu’il a tout appris sur cet envahisseur, Arundo donax, communément appelé le roseau géant. Il absorbe plus d’eau que toute autre plante de la rivière. Il supplante les plantes et les arbres indigènes. Et il possède un autre trait indésirable : dans une région de plus en plus sujette aux feux de forêt, le roseau géant est extrêmement inflammable.
S’étendant sur 110 miles à travers la région viticole et les bosquets de séquoias de la Californie jusqu’à l’océan Pacifique, la rivière Russian est une voie navigable précieuse pour la pêche et les loisirs. Des fêtards bruyants y descendent sur des chambres à air. Des casse-cous s’y jettent depuis des balançoires à corde. Des fidèles vêtus de blanc pour les baptêmes s’immergent dans ses eaux. Le vaste bassin versant abrite des saumons quinnat et coho ainsi que des truites arc-en-ciel et des loutres de rivière. Ses zones boisées et ses prairies abritent des coyotes, des lynx roux et des pumas.

Des rotary clubs se sont associés à des spécialistes de la conservation pour retirer le roseau géant envahissant de certaines parties du bassin versant de la Russian River, en Californie, où il présente le plus grand risque d’incendie.
Photographie de Rick Tang
Souhaitant protéger cet habitat, des groupes environnementaux se sont attaqués au roseau géant, une plante vivace à croissance rapide pouvant atteindre 30 pieds de hauteur. Au cours des dernières années, des rotary clubs des comtés de Sonoma et de Mendocino se sont associés à des écologistes, en fournissant des bénévoles et des fonds pour l’équipement.
Un samedi matin au début de l’été, environ 30 rotariens, membres de l’Interact et autres membres de la collectivité se sont rassemblés le long de la rivière pour déraciner Arundo donax. Répartis sur une section de la rivière, les bénévoles ont traversé des broussailles épaisses pour couper les tiges avec des sécateurs à long manche. D’autres ont ensuite ramassé les tas de ce qui ressemblait à des bottes de canne à sucre pour les passer dans un broyeur de bois.
« Il y en a partout où l’on regarde », dit Milo Kluse, un membre de l’Interact de 16 ans de Healdsburg. « C’est assez fou. » Kluse, le nouveau président du club Interact de la Healdsburg High School, dit que le club a fait de bons progrès dans la réduction des déchets le long de la rivière et qu’il avait besoin d’un nouveau défi. L’Arundo s’est montré à la hauteur.
Birkin Newell, directeur de l’éducation et de la restauration de Russian Riverkeeper, a désigné un peuplier deltoïde et un saule de part et d’autre d’une zone de roseaux géants fraîchement coupés. « Ce sont les véritables espèces d’arbres riverains indigènes que nous voulons voir ici », dit-il. Contrairement à l’Arundo, la canopée des arbres fournit de l’ombre, ce qui garde l’eau fraîche. « Ils offrent une excellente source de nourriture et un habitat pour la faune, tandis que l’Arundo n’offre rien de cela. Si vous êtes un cerf, vous ne pouvez pas vous déplacer à travers [cela] pour brouter et manger. »



