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Quelques semaines après les feux de forêt de Los Angeles de l’an dernier, Claire Robinson s’est mise au travail, non pas pour reconstruire sa maison, mais pour nettoyer les aménagements paysagers calcinés autour du poste du shérif dans la communauté durement touchée d’Altadena. Ce travail concret était pour Robinson une façon de faire face à la situation et de se tourner vers l’avenir. « Je voulais commencer à nous aider à nous sentir mieux comme collectivité dès que possible, en nettoyant cet espace civique », se souvient-elle. « Le bénévolat était la seule chose que j’avais envie de faire. »
Plus d’un an plus tard, les charpentes de centaines de nouvelles maisons s’élèvent sur les cendres, mais cette reconstruction matérielle est frustrante de lenteur et prendra probablement des années. Entre-temps, des bénévoles comme Robinson se concentrent sur une reconstruction émotionnelle et s’efforcent de préserver un sentiment de communauté, de tradition et d’optimisme.
Elle a trouvé de nombreux voisins qui partagent son état d’esprit, dont des membres du rotary. Depuis plusieurs années, le Rotary Club d’Altadena soutient l’organisme sans but lucratif que dirige Robinson, un groupe de conservation urbaine appelé Amigos de los Rios. Alors que la communauté commençait à se relever au printemps dernier, les membres du club lui ont remis un chèque de 2 000 $ pour aider le groupe à poursuivre son travail, notamment en ajoutant des espaces verts dans les écoles et en arrosant les arbres matures qui ont survécu à l’incendie.

Le résident d’Altadena et rotarien René Amy examine les pavots de Californie qui poussent sur le site de son ancienne maison en mars, plus d’un an après qu’elle a été détruite dans l’incendie d’Eaton. Crédit photo : Frederic J. Brown/AFP via Getty Images
Le secrétaire administratif du club, Mark Mariscal, qui avait lui aussi perdu sa maison, lui a dit : « Mettons cela entre vos mains tout de suite. C’est votre communauté; c’est notre communauté », se souvient Robinson. « Cela a beaucoup compté. » Maintenant, Robinson cherche à obtenir une adhésion d’entreprise au club d’Altadena pour ses employés.
Redonner vie aux collines brûlées fait partie de la guérison, à la fois réelle et symbolique, ici. Robinson en est aux premières étapes de la reconstruction de sa maison, qui était autrefois remplie de livres et d’œuvres d’art. Mais les cendres et les débris qui couvraient sa propriété ont été remplacés par des plaques de pavots orange vif et d’autres fleurs indigènes, dans le cadre d’un immense effort d’ensemencement visant à apporter espoir et beauté aux survivants. Cet effort aussi était dirigé par un rotarien qui a transformé sa perte personnelle en service inlassable.
Les vents de Santa Ana ont balayé les extrémités opposées de Los Angeles le 7 janvier 2025, atteignant jusqu’à 100 mi/h et alimentant deux des pires incendies de l’histoire de la Californie. Le bilan est accablant : 31 morts, plus de 16 000 maisons et entreprises détruites, des ordres d’évacuation pour au moins 180 000 personnes, et des milliards de dollars en pertes économiques.

Les régions les plus durement touchées étaient Pacific Palisades et Altadena, des secteurs périphériques de Los Angeles, aux abords de zones montagneuses sauvages propices aux incendies. Environ une douzaine de membres du rotary club d’Altadena ont perdu leur maison, tout comme presque les 13 membres du club de Palisades.
Pourtant, les membres disent garder un optimisme prudent, parfois joyeux, alors qu’ils amorcent la prochaine étape du rétablissement. Les priorités sont passées de la recherche d’un abri et de la distribution de biens d’urgence au soutien aux petites entreprises et aux écoles, ainsi qu’à l’organisation d’événements pour réunir les résidents dispersés.
La collectivité le remarque. Le club d’Altadena a accueilli 17 nouveaux membres au cours de la dernière année, portant son effectif total à 53, tandis que l’effectif du club de Palisades est passé de 13 à 23. Sans surprise, les membres citent les liens et l’amitié comme des forces essentielles. « C’est l’une des plus belles choses nées de cette tragédie », souligne Jeff Lemen, membre du Palisades Rotary qui a perdu la maison de son enfance dans les incendies.

Par des événements comme ce déjeuner, le Rotary cherche à réunir les résidents dispersés. Crédit photo : Laura Randall
Dans les Palisades, le rotary club a fait du soutien à la reconstruction des infrastructures commerciales et des écoles une priorité, affirme Lemen. Le club a engagé des fonds pour installer une salle de classe extérieure dans une école élémentaire et remplacer les tables de dîner et les bancs dans une école secondaire qui a dû tenir ses cours dans un ancien bâtiment de Sears pendant presque un an.
À Altadena, l’accent est mis sur le retour à la normale, explique le président du club Brad Roeber. Lorsque l’amphithéâtre extérieur historique qui accueillait une série populaire de concerts dirigés par le rotary club a brûlé, les membres se sont assurés que les spectacles aient lieu l’été dernier dans un autre parc. Des rotariens de clubs de toute la région de Los Angeles sont venus prêter main-forte, et la participation a été forte et enthousiaste. « Nous nous sommes assurés que la collectivité ne rate rien de tout cela », dit Roeber.
C’est ce sens de la collectivité et de la confiance qui a amené Deb Halberstadt à se joindre au rotary à Altadena après les incendies. Lorsqu’elle et son mari, Jon Hainer, ont perdu leur maison, leur famille et leurs amis se sont mobilisés avec de généreux dons, et ils se sont retrouvés avec plus qu’ils ne jugeaient approprié d’accepter compte tenu de leurs prestations d’assurance. Halberstadt a compris que le rotary savait comment travailler avec d’autres groupes pour cerner les besoins et faire parvenir rapidement aux bonnes personnes des fournitures comme des purificateurs d’air, des couvertures et des appareils de point d’accès mobile. Elle a aussi trouvé un soutien dans les réunions hebdomadaires, avec leurs échanges de bonnes nouvelles et d’information sur les assurances et d’autres sujets pertinents. « Le groupe est bien plus puissant que n’importe quelle personne qui essaie d’aider dans une situation de catastrophe comme celle-ci », dit-elle. « Cela a énormément compté pour moi. »
Bien que la majorité des résidents d’Altadena et des Palisades soient demeurés déplacés, beaucoup sont revenus pour des veillées au moment du premier anniversaire des incendies. L’événement d’Altadena a eu lieu dans le stationnement d’une épicerie appartenant au couple rotarien Jose et Sandra Valenzuela. Le stationnement du magasin était devenu un centre de distribution de fournitures de secours après les incendies. Sous une bannière sur laquelle on pouvait lire « Altadena Strong — We Will Rebuild », des milliers de personnes se sont rassemblées pour s’étreindre, chanter et partager un moment de silence. « Nous en attendions 600. Au final, près de 3 000 personnes se sont présentées », se souvient Sandra Valenzuela. « C’était un spectacle saisissant. Plus rien n’avait d’importance à ce moment-là. Nous étions tous unis. Nous sommes là les uns pour les autres. »

Le rotarien René Amy a semé 250 millions de graines de pavot pour apporter de la couleur à ce paysage sombre et remonter le moral. Crédit photo : Frederic J. Brown/AFP via Getty Images
Et puis sont arrivés les coquelicots. Cherchant à remonter le moral et à embellir le paysage meurtri, le membre du club d’Altadena René Amy a lancé l’automne dernier un ambitieux projet de plantation de coquelicots. Il y a un siècle, la fleur d’État orange couvrait les collines d’Altadena chaque printemps. La floraison était si vaste, selon Veronica Jones, rotarienne et présidente de l’Altadena Historical Society, que la région était connue sous le nom de « l’autel de San Pasqual », le frère espagnol connu pour s’agenouiller en prière dans des champs de fleurs sauvages.
Amy a fait passer le mot, et 750 personnes et entreprises se sont inscrites pour faire « coquelicoter » leurs terrains. Il a passé quelques mois à disperser 250 millions de graines partout à Altadena dans sa camionnette rouge défraîchie, l’un de ses rares biens à avoir survécu aux incendies. Des scouts et des groupes de conservation ont prêté main-forte, tandis que le club rotary d’Altadena, des entreprises et Amy lui-même ont fourni des fonds et du matériel.
Lors d’un trajet dans son quartier au début du printemps, Amy s’est réjoui de voir des grappes de coquelicots apparaître dans les cours, sur les terre-pleins des trottoirs et éparpillées sur les coteaux. « En tant que personne ayant perdu des biens, je comprends ce que tout cela signifie », dit-il. « Même le plus petit geste de gentillesse fait une différence. »
À quelques rues de là, Halberstadt et Hainer ont commencé à s’installer dans leur nouvelle maison. Au lieu d’entreprendre une reconstruction complète sur leur propriété, ils ont choisi de la vendre et d’acheter une maison déjà construite tout près. Cela n’a pas été facile, mais ils trouvent du réconfort dans de petites choses comme accrocher des œuvres d’art dans leur nouvelle maison.
Depuis l’arrière-cour, en contemplant les vues dégagées au milieu des bruits de marteaux et de construction, Hainer corrige l’idée qu’il y a un optimisme prudent. « Je me sens outrageusement optimiste », dit-il.
Cette histoire a d’abord paru dans le numéro de juin 2026 du magazine Rotary .