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Une fillette d’âge scolaire descend de la voiture familiale devant un bâtiment du champ de foire du comté, dans cette ville au pied des Appalaches, pour savoir combien coûte le déjeuner aux crêpes servi à l’intérieur. 8 $.
Elle demande aux personnes à l’entrée si la collecte de fonds accepte les cartes. Sans hésiter, la rotarienne Sherry Kilbarger dit qu’elle a des billets supplémentaires à offrir et invite la fillette et sa famille à entrer pour profiter des crêpes à volonté. Avec, en plus, des saucisses et du jus d’orange. Une femme qui sort du bâtiment dans la lumière printanière entend l’échange et remet à Kilbarger deux autres billets à partager.
Veiller sur les enfants de cette petite ville est une motivation importante pour les membres du Rotary Club de Logan, Ohio. Nichée parmi des collines ondulantes, la région attire les visiteurs avec ses kilomètres de sentiers de randonnée qui serpentent dans des gorges parsemées de chutes d’eau, des formations rocheuses impressionnantes comme un pont naturel de pierre, et des couleurs d’automne éclatantes. Le club offre des vélos aux enfants de la région à Noël et organise chaque printemps une journée de pêche populaire lorsque les responsables de la nature de l’État ensemencent le lac Rose en truites. « Parce que nous sommes un petit club, ce que nous faisons est axé sur la collectivité », dit Kilbarger. « Nous voulons que nos jeunes aient des possibilités. »

Veiller sur les enfants de la région est une source de motivation pour les membres du Rotary Club de Logan, dont (de gauche à droite) Damon Kuhn, Chad Grow, Sherry Kilbarger, Andrew McGhee et Jim Robinson.
Crédit photo : Maddie McGarvey
Le club de Logan s’attend à recueillir environ 3 000 $ lors du déjeuner aux crêpes, sa plus importante collecte de fonds, qui réunit des voisins autour de généreuses portions de sirop depuis plus de 50 ans. Les membres du club tirent le maximum de chaque dollar et accomplissent tout ce qu’ils peuvent pour la collectivité, où le pourcentage de personnes vivant dans la pauvreté est bien supérieur au double du taux national.
Un projet du club consiste à offrir des sacs de voyage remplis d’une couverture, d’articles de toilette, de chaussettes et de sous-vêtements aux enfants placés en famille d’accueil ou aux jeunes vivant dans des foyers de groupe. Le club accorde aussi des allocations à des jeunes qui entrent sur le marché du travail, apprennent un métier ou commencent un programme d’études de deux ans. Ces fonds, destinés à des vêtements de travail, des outils, de l’équipement de protection individuelle ou d’autres articles de base, s’ajoutent aux bourses d’études collégiales remises par le club. Et pour l’école secondaire de la ville, le club a versé 20 000 $ à une installation sportive intérieure, en puisant dans ses réserves accumulées au fil des décennies, à l’époque où le déjeuner aux crêpes et une foire artistique rapportaient davantage.
Étant donné la qualité de leur organisation, il est clair que ces rotariens excellent dans la collaboration avec les dirigeants locaux ainsi que dans la recherche de commanditaires et de dons afin d’accroître les retombées positives que peuvent générer 3 000 $ de profits sur les crêpes. Jim Robinson, membre du conseil municipal, qui organise le déjeuner aux crêpes depuis 10 ans, maîtrise parfaitement l’art de vendre des billets aux personnes qui peuvent se les offrir. Il encourage ceux qui ont un conflit de date (ou qui veulent éviter les glucides) à donner leurs billets — ou, plaisante-t-il, à manger les billets en papier eux-mêmes, pourvu qu’ils fassent un don de 16 $, le prix pour deux. Beaucoup de gens arrondissent la somme et donnent 20 $.
Ces rotariens mettent aussi à profit leurs relations pour obtenir des commandites pour la journée annuelle de pêche, Get Hooked on Rotary; parmi ces commanditaires figurent Walmart, un service de location de canots et un fabricant local de bottes. L’appui des commanditaires s’ajoute à la contribution de 500 $ du club, qui est égalée par 500 $ du district 6690 du Rotary, ce qui permet au groupe d’offrir des t-shirts, plus de 100 cannes à pêche, quatre bicyclettes, des excursions en canot et des jouets.
Dès le début, lorsque les membres ont constaté que beaucoup d’enfants, environ 150 cette année, arrivaient au lac sans avoir déjeuné, ils ont commencé à servir des hot-dogs grillés et des croustilles, explique le membre Damon Kuhn. Il a eu l’idée de cette activité, maintenant rendue à sa 18e année, lorsqu’il a rejoint le rotary et a voulu faire quelque chose pour les enfants de la ville. Une fois, lorsqu’une jeune fille a attrapé un achigan de 7 livres, il l’a fait naturaliser pour elle.
Les plaques chauffantes spéciales que le club utilise ont été fabriquées en 1988 par feu le rotarien Ed Runge, ingénieur et machiniste. Les rotariens utilisent encore les deux appareils de cuisson en forme de tambour conçus par Runge, chacun doté d’un disque chauffant rotatif. Trois ou quatre rotariens se tiennent à un appareil; l’un utilise un grand distributeur de pâte en métal pour déposer des cercles sur la plaque tournante pendant que les autres les retournent jusqu’à ce qu’après deux rotations, les gâteaux soient cuits et bien dorés. « La crêpe fait le tour, se fait retourner, refait le tour, et elles sortent généralement très bien », dit Robinson. « Nous avons vraiment bien réglé le minutage. »

Kuhn est président de Valor Retreat, un site récréatif en cours d’aménagement près de Logan qui tirera parti du calme des Hocking Hills pour offrir une retraite gratuite aux anciens militaires qui se remettent de leur service ou qui vivent avec un trouble de stress post-traumatique. Le club de Logan s’est associé au centre pour des collectes de fonds pendant qu’il construit des cabines accessibles et poursuit ses plans visant à faire venir des chevaux pour la thérapie équine.
Robinson affirme que le club travaille aussi avec la chambre de commerce pour tenter de promouvoir l’effectif du Rotary auprès de jeunes propriétaires d’entreprise. Il parle avec des personnes curieuses d’en savoir plus sur le Rotary et certains de ses axes stratégiques — de fournir de l’eau potable à soutenir l’éducation — ainsi que sur le rôle du Rotary dans les efforts pour en finir avec la polio. Et Kilbarger ajoute que le groupe discute de la possibilité de lancer un club satellite ou un groupe qui mettrait davantage l’accent sur les rencontres sociales que sur les réunions hebdomadaires traditionnelles autour du déjeuner.
Brendan Johnson, un membre dans la vingtaine, dit qu’il est prêt à essayer de recruter plus de membres, et il envisage aussi de relancer les nettoyages de rivière et de routes que le groupe organisait autrefois. Mais lui aussi est au club « surtout pour aider les enfants — leur offrir des cadeaux de Noël grâce à notre collecte de vélos », dit-il. Actuellement serveur de saucisses, Johnson s’attend aussi à prendre un jour en charge l’organisation du déjeuner.
Comme la collecte de fonds n’est pas le seul objectif du déjeuner, Robinson dit que le club tient à garder le repas abordable. Il aime voir autant de résidents partager un repas en personne, bavarder et prendre des nouvelles des voisins qu’ils croisent. « La société devient de moins en moins interactive », dit-il. « Les gens ne vont même plus manger au restaurant. »
Mais ici, alors que les tables se remplissent et que les cuisiniers de crêpes travaillent plus vite, Kuhn, qui pendant des années a mélangé des seaux de pâte, révèle son secret pour des crêpes savoureuses — ajouter de la vanille. Ça fonctionne : les gens font la file pour prendre une deuxième pile de crêpes qui pourrait offrir aux enfants de Logan un peu d’aide ou simplement de heureux souvenirs.
Ce reportage a paru initialement dans le numéro d’août 2026 du magazine Rotary.