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Photographie de Siddharth Behl
Il est 9 heures, un dimanche matin, et la température grimpe vers les 90 degrés tandis que des centaines d’enfants se dirigent vers Marina Beach, dans la métropole du sud de l’Inde qu’est Chennai. Pourtant, pas une serviette ni un seau de plage à l’horizon — seulement des bouteilles d’eau et des échiquiers glissés sous les bras tandis que les enfants bifurquent vers un collège en bord de mer. Ici, au cours des prochaines heures, des cavaliers seront sacrifiés, des pions promus, et des rois renversés lors de ce tournoi farouchement compétitif — l’un des centaines qui ont lieu presque tous les jours dans ce qui est sans doute le pays le plus passionné d’échecs au monde.
En ce matin de septembre, certains des plus jeunes joueurs sont si petits qu’ils doivent se mettre debout à côté des tables pour atteindre l’autre côté des échiquiers. Partout dans le lieu, des affiches inspirantes mettent en vedette des grands maîtres locaux et internationaux. Un enfant de 6 ans, les yeux grands ouverts, s’approche d’une grande photographie de Gukesh Dommaraju, le prodige adolescent de Chennai qui, à 18 ans, est devenu en 2024 le plus jeune champion du monde d’échecs de l’histoire. « Peut-être qu’un jour je pourrai être comme lui », dit l’enfant, une aspiration manifestement partagée par des enfants — et des parents — dans tout le pays.
De ses métropoles bouillonnantes à ses villages bucoliques, l’Inde nourrit pour les échecs un enthousiasme comparable à celui que suscite le basketball professionnel aux États-Unis ou la Premier League de football en Angleterre. Et, comme dans ces ligues, les échecs de compétition en viennent à être perçus comme un billet d’or vers la célébrité et le prestige internationaux pour les jeunes joueurs qui ont le talent et la détermination nécessaires pour atteindre les plus hauts sommets. Des enfants qui transportent des échiquiers enroulés dans les rues des villes sont monnaie courante. Des académies d’élite forment de jeunes prodiges prometteurs, et des tournois à enjeux élevés offrent la perspective de prix en argent, de commandites d’entreprise et de célébrité sur les médias sociaux. Et parmi ceux qui nourrissent cette renaissance des échecs se trouvent, fait étonnant, des légions de membres du Rotary.

Rota Chess 2025 à Chennai a attiré des centaines d’enfants.
À la Victorious Chess Academy, dans la ville occidentale de Pune, dans un petit sanctuaire décoré de fleurs et d’encens, les instructeurs ont réalisé un rangoli traditionnel — un dessin fait avec de la poudre colorée — du dieu hindou Ganesha. Mais il y a une différence : Ganesha, populaire patron des lettres et du savoir, lit un livre de règles d’échecs. Pour les élèves d’ici, dit le fondateur Kapil Lohana, « les échecs sont une religion ».
Dans le but de mettre à profit cette passion, des membres du rotary, des clubs et des districts de partout en Inde parrainent des tournois et collaborent avec des académies d’échecs afin d’élargir l’accès au jeu, reconnaissant qu’il offre une voie vers l’avancement scolaire, les liens et une prospérité potentielle pour les collectivités qu’ils servent.
Lohana organise régulièrement des tournois parrainés par des rotary clubs. Son académie entraîne des élèves dans plus de 30 pays; un élève, Harshit Raja, est devenu le 69e grand maître de l’Inde en 2021. Jouer aux échecs de façon compétitive a aidé Lohana à trouver une issue à la pauvreté. Il a grandi dans une ferme de coton du district de Yavatmal, sujet à la sécheresse, dans le centre de l’État du Maharashtra, tristement connu pour ses taux élevés de suicides chez les agriculteurs.

À gauche : jouer aux échecs a aidé Kapil Lohana, directeur de Victorious Chess Academy, à trouver une voie pour sortir de la pauvreté. À droite : Om Ramgude, 12 ans, vise déjà le titre de grand maître.
« En 2003, j’ai dit à mon père que je ne voulais pas être agriculteur et je suis venu à Pune pour participer à mon premier tournoi d’échecs », se souvient-il. Son père désapprouvait, mais Lohana a remporté une petite bourse en argent et a passé les années suivantes à participer à des compétitions et à vivre de ses gains. « Mes propres expériences m’ont aidé à comprendre que, pour former des joueurs de niveau international, nous devons offrir le bon environnement, un entraînement de qualité, des occasions de compétition et, surtout, un soutien financier aux joueurs dans le besoin. » Dans ce but, il a fondé la Victorious Chess Academy et a lancé un programme spécial de formation de grand maître pour les joueurs avancés, offrant des réductions aux étoiles montantes qui ne pouvaient pas payer les frais de scolarité.
L’une de ces étoiles montantes est Om Ramgude, 12 ans. Classé 1 836 par la Fédération internationale des échecs, Om vise déjà le titre de grand maître. Il était à peine plus qu’un tout-petit lorsqu’il a commencé à jouer aux échecs en ligne. « J’avais téléchargé l’application d’échecs pour moi-même, mais c’est Om qui a rapidement commencé à résoudre des casse-têtes et à gagner des parties en ligne pour atteindre le niveau le plus élevé », raconte sa mère, Manisha Dayanand Ramgude, développeuse de logiciels dans la quarantaine. « Vous imaginez? Il n’avait que 5 ans à l’époque! » Coincé à la maison pendant la pandémie, le petit Om s’est plongé dans les matchs en ligne, défiant souvent — et battant — des joueurs beaucoup plus âgés.
Entre-temps, de plus en plus de gens, surtout des parents, considèrent les échecs comme un moyen d’améliorer le rendement scolaire, la prise de décisions, la pensée critique et la mémoire. À Pune, Aparna Bodhe amène ses jumelles de 5 ans, Parikshita et Aradhita, à la White Knight Chess Academy pour suivre un entraînement. « Jouer aux échecs les a certainement calmées », dit-elle, pendant que ses filles jouent et rient devant un échiquier. « Avant, il était impossible de les faire asseoir, mais trois mois d’échecs les ont rendues un peu plus concentrées et plus capables de s’asseoir et de se concentrer. »

À Pune, les jumelles de 5 ans Aradhita (à gauche) et Parikshita Bodhe rient devant un échiquier.
Beaucoup de jeunes joueurs ont amélioré leurs notes à l’école, affirme Ashirwad Tupe, membre du rotary club de Hadapsar Central qui a fondé la White Knight Chess Academy à Pune en 2019. Il dit que chaque victoire internationale résonne dans les couloirs, et que des élèves âgés d’à peine 4 ans semblent capables de se rappeler chaque coup de ces parties de haut niveau.
SP Sethuraman, double champion national qui s’entraîne plus de six heures par jour et est devenu grand maître à 17 ans en 2011, est du même avis : ce jeu stimule l’esprit de façon unique. « Il n’y a que 64 cases sur l’échiquier, mais dans chaque partie que je joue, il y a de nouveaux défis », dit-il. « Jouer aux échecs rend la mémoire extrêmement vive. »
Le lien entre les échecs et les résultats scolaires est appuyé par la recherche. Une étude a révélé que des écoliers de régions rurales de l’Inde qui avaient reçu un an de formation aux échecs avaient amélioré de façon marquée leurs résultats scolaires dans des matières comme les mathématiques et les sciences, comparativement à un groupe témoin. Les chercheurs ont observé que ce jeu aidait les élèves à se concentrer, à visualiser, à réfléchir à l’avance, à soupeser leurs options et à gérer plusieurs facteurs à la fois. Une étude de 2019 portant sur des écoliers du Bangladesh a révélé que la formation aux échecs améliorait non seulement les notes, mais leur apprenait aussi à évaluer le risque. Aux échecs, les joueurs qui réussissent pensent plusieurs coups à l’avance et sacrifient des pièces pour ouvrir des voies vers la victoire. « Et pourtant, ils risquent, s’ils se trompent dans leurs calculs, de perdre non seulement cette pièce, mais aussi la partie elle-même », dit Tupe. « Le jeu apprend aux joueurs à élaborer des stratégies, à s’adapter et à prendre des décisions difficiles sous pression. »

Des trophées attendent les gagnants au Rota Chess 2025.
Les Indiens utilisent les échecs comme instrument de stratégie depuis au moins le septième siècle, lorsque l’ancien jeu indien du chaturanga apparaît pour la première fois dans les archives historiques. Le nom chaturanga se traduit par « quatre parties », en référence aux divisions militaires de l’infanterie, de la cavalerie, des éléphants et des chars — qui ont ensuite évolué pour devenir les pièces modernes du jeu : le pion, le cavalier, le fou et la tour. Au neuvième siècle, les Perses jouaient à ce jeu de stratégie guerrière, qui est devenu le shatranj. De là, il s’est répandu dans le monde entier sous le nom d’échecs. Selon la légende, certains rois jouaient aux échecs avec de vrais êtres humains — souvent leurs ennemis vaincus et des esclaves — comme pièces.
Les échecs en Inde ont parcouru beaucoup de chemin depuis, le pays s’imposant aujourd’hui comme une puissance mondiale moderne des échecs. L’Inde compte environ 90 grands maîtres (contre cinq en 2000) et plus de 30 000 joueurs cotés par la Fédération internationale des échecs, connue sous le nom de FIDE. Parmi eux se trouve un enfant de 3 ans qui, à la fin de l’année dernière, est devenu le plus jeune joueur de l’histoire des échecs à obtenir un classement après avoir battu des adversaires dans la vingtaine et surpassé le précédent détenteur du record : un autre bambin de l’Inde qui était alors âgé d’un mois de plus. À la fin de l’année dernière, les 10 meilleurs joueurs indiens affichaient une cote moyenne de 2 714, non loin de la plus haute cote individuelle jamais atteinte, soit 2 882, d’abord obtenue par le Norvégien Magnus Carlsen en 2014. Seuls les États-Unis présentaient une cote moyenne masculine plus élevée. Pendant ce temps, les 10 meilleures joueuses de l’Inde affichaient une moyenne de 2 404, tout juste derrière la Chine.
Derrière ces statistiques se trouvent des histoires personnelles éblouissantes : Viswanathan Anand, le quintuple champion du monde qui a lancé la renaissance des échecs en Inde en devenant le premier grand maître du pays en 1988; Gukesh Dommaraju, le prodige adolescent qui a remporté le titre mondial à seulement 18 ans; Praggnanandhaa Rameshbabu, qui a étonné le monde entier à 18 ans en battant Carlsen en 2024; et sa sœur aînée, Vaishali Rameshbabu, âgée de 24 ans, qui est entrée dans l’histoire en Ouzbékistan en septembre en remportant pour une deuxième fois le FIDE Women’s Grand Swiss.

N. Krithika (à droite), du Rotary Club of Chennai Harmony, joue aux échecs avec Mahashri K.
Aujourd’hui, les échecs demeurent un outil précieux pour développer la résilience et la force de caractère. « Sur l’échiquier, un seul faux pas peut changer la partie, mais les échecs vous apprennent à vous défendre, à rester calme, à apprendre et à riposter avec concentration », explique N. Krithika, entraîneuse d’échecs basée à Chennai et membre du Rotary Club of Chennai Harmony. Ce sont toutes des compétences qui trouvent un écho bien au-delà de l’échiquier et qui ont le pouvoir de changer la trajectoire non seulement de vies individuelles, mais aussi de communautés entières.
Marottichal est un village isolé de l’État méridional du Kerala, connu pour ses collines verdoyantes et ses chutes d’eau à couper le souffle, mais sa véritable renommée vient des échecs. Plus de 4 500 habitants de Marottichal — soit environ 75 pour cent de sa population — sont des joueurs d’échecs actifs. En 2016, le village a accueilli un événement au cours duquel plus de 1 000 personnes ont joué aux échecs simultanément.
Nous sommes bien loin des années 1970 et du début des années 1980, lorsque le village était un centre régional de production illégale d’alcool. Les agriculteurs de Marottichal ont constaté que produire de l’alcool demandait moins de travail et procurait un revenu facile. La combinaison de revenus plus élevés, de plus de temps libre et de l’omniprésence de l’alcool a contribué à l’essor d’économies parallèles. L’alcoolisme a augmenté, tout comme le jeu.
À la fin des années 1980, Charaliyil Unnikrishnan, ancien rebelle maoïste et originaire de Marottichal, est revenu chez lui et a été consterné par ce qu’il a vu. Avec l’aide des épouses et des mères des producteurs d’alcool, il a dirigé un groupe qui a mené des descentes dans des repaires de jeu et détruit des réserves d’alcool illicite. Puis, lorsqu’il a compris que les hommes avaient besoin d’un autre passe-temps, il leur a fait découvrir les échecs.
Fait incroyable, le jeu a conquis tout le village. Les cas de dépendance à l’alcool ont commencé à diminuer tandis que des décrocheurs retournaient à l’école, que des agriculteurs revenaient à leurs récoltes et que de nombreux joueurs d’échecs locaux, y compris Unnikrishnan lui-même, ont commencé à jouer en compétition. Aujourd’hui, il tient un salon de thé populaire sur le thème des échecs à Marottichal et, partout dans le village, des arrêts d’autobus aux rizières, on peut voir des joueurs penchés sur des échiquiers. Le village possède sa propre association d’échecs, accueille des tournois locaux et régionaux, et enseigne les échecs à ses jeunes habitants dans le cadre du programme scolaire.
Unnikrishnan — ou Unni maman (oncle), comme on l’appelle dans la région — affirme qu’en enseignant aux joueurs le pouvoir de prendre de bonnes décisions, les échecs sont devenus une solution de rechange aux comportements destructeurs. Tout comme les échecs ont appris aux jumeaux d’Aparna Bodhe à rester assis et à se concentrer, il a aussi été démontré que ce jeu améliore les capacités de planification et de réflexion cognitive chez les adultes. En 2025, des chercheurs ont constaté que les joueurs d’échecs manifestaient une plus grande préférence pour des récompenses futures plutôt que pour des gains à court terme, ce qui témoigne d’une gratification différée essentielle pour gagner une partie d’échecs.

Rajesh Oza (debout), aveugle depuis l’âge de 15 ans, apprend aux joueurs à visualiser le jeu dans leur esprit, comme il le fait lui-même.

Un échiquier se reflète dans les lunettes d’Oza.
L’entraîneur Rajesh Oza fait les cent pas dans une salle de classe remplie d’adolescents joueurs d’échecs, leur enseignant un style de jeu très inhabituel, qui ne se déroule pas sur l’échiquier devant eux, mais sur un échiquier dans leur esprit. C’est une technique née de la nécessité : Oza est aveugle depuis l’âge de 15 ans. Cet enseignant passionné attribue aux échecs le mérite de l’avoir sorti de la dépression qui l’a envahi lorsqu’il a soudainement perdu la vue en 1993. « Quand je jouais aux échecs, j’ai compris que je pouvais visualiser l’échiquier mieux que la plupart des joueurs voyants et cela me donnait un avantage », dit-il. « Gagner des compétitions m’a donné l’élan dont j’avais besoin. »
En 2002, il est devenu champion national d’échecs pour les aveugles et le premier joueur d’échecs aveugle en Inde à obtenir un classement international FIDE. Aujourd’hui, il apprend à ses élèves à visualiser la partie dans leur esprit comme il le fait, même s’ils voient parfaitement bien. « Cela libère leur esprit de l’encombrement, laissant de la place seulement à la stratégie sur l’échiquier », dit-il. « Je n’aurais jamais pu imaginer qu’une personne qui ne voit pas pourrait avoir une vie, une carrière et même la partenaire idéale grâce aux échecs! » (Il a rencontré sa femme lors d’une compétition d’échecs.) « Je suis peut-être aveugle, mais les échecs m’ont donné une vision d’un avenir brillant. »
Krithika, l’entraîneuse et rotarienne de Chennai, enseigne depuis des années à des élèves ayant des handicaps mentaux et physiques à la Phoenix Chess Academy, qu’elle a fondée. Elle constate que la pratique compétitive des échecs aide ces élèves à développer leur confiance et leur clarté mentale. Récemment, elle a organisé un tournoi d’échecs très fréquenté dans une école de Chennai pour certains de ces élèves.
L’une des participantes au tournoi, P Prema, 49 ans, dit qu’elle apprécie l’égalité des chances que procurent les échecs. « Ce qui m’attire dans les échecs, c’est que je n’ai pas besoin de les pratiquer comme un para sport », explique-t-elle, en établissant un contraste avec les sports qui exigent des capacités physiques, même si elle les pratique aussi. En fauteuil roulant depuis qu’elle a contracté la polio pendant son enfance, elle est une joueuse accomplie de para tennis de table et de badminton. Elle travaille à améliorer son jeu d’échecs afin d’obtenir un classement FIDE.
Pour Krithika, entraîner ces joueurs est particulièrement gratifiant. « Les tournois d’échecs sont un excellent moyen pour les clubs du Rotary d’aider les joueurs issus de milieux défavorisés à développer leur jeu, à améliorer leur confiance en eux et à trouver de nouvelles avenues de réussite », dit-elle.

Les joueurs s’affrontent lors d’un tournoi à la Krithika’s Phoenix Chess Academy.
Certains joueurs quittent le tournoi de Krithika plus tôt pour pouvoir participer à un autre tournoi. Ce n’est pas pour rien que Chennai est réputée comme la capitale des échecs en Inde : à elle seule, cette fin de semaine de septembre accueille près de 100 tournois dans la ville. Mais les joueurs qui cherchent à améliorer leur classement FIDE disent que même cela ne suffit pas. Swathi Kumar KP et Sujay Remileon S, participants à un tournoi des moins de 21 ans organisé par des membres du rotary à Chennai, disent qu’ils doivent jouer dans au moins 100 tournois pour améliorer leur classement FIDE. Le parcours peut être long et ardu.
Pendant ce temps, à Pune, les jumelles Bodhe, Parikshita et Aradhita, âgées de 5 ans, refusent de dormir avant une dernière partie d’échecs. Ces fillettes pleines d’entrain glissent même des références aux échecs dans les moments du quotidien. « L’autre jour, quand je leur ai demandé de s’asseoir avec moi devant la puja [autel] familiale, Parikshita m’a demandé de réfléchir sérieusement à ma “finale” », raconte leur mère en riant.
Alors, quelle est la finale pour ses jumelles? « Je ne sais pas jusqu’où elles iront aux échecs », dit-elle. Pour l’instant, elle est simplement heureuse que ce jeu les aide à se concentrer et à comprendre que leurs choix ont des conséquences. Comme tout joueur d’échecs vous le dira, votre prochain coup, dans une partie ou dans la vie, peut mener à une erreur coûteuse ou à une occasion déterminante.
Ce texte a d’abord été publié dans le numéro de février 2026 du magazine Rotary .
