La nanotechnologie apporte une eau plus sûre dans le delta du Gange

Des systèmes de filtration soutenus par le Rotary aident des milliers de personnes dans l’est de l’Inde à avoir accès à une eau potable plus propre et plus sûre malgré une contamination répandue et les menaces liées à l’arsenic.

by Kamala Thiagarajan
20 janv. 2026

En grandissant au bord du delta du Gange, dans l’est de l’Inde, Sajal Kanti Kayal a compris très tôt que la ressource la plus précieuse au monde était l’eau. Ici, l’eau abonde. Pendant six mois par année, elle afflue grâce à la fonte des neiges de l’Himalaya, aux pluies de mousson et aux cyclones tropicaux. Mais en traversant les rivières de l’État du Bengale-Occidental et du Bangladesh voisin avant de se jeter dans la mer, cette eau précieuse se charge d’un dangereux fardeau.

« Nous sommes entourés d’eau toxique. Nos étangs, nos canaux, nos lacs — tout est pollué », dit Kayal. Cet homme de 47 ans est le fondateur et chef de la direction d’un organisme de bienfaisance qui soutient l’éducation, les soins de santé et d’autres formes de développement local dans son village natal de Kankura, près de Kolkata. Il comprend donc que l’eau potable soutient bien plus que la santé publique. Elle peut aider les gens à sortir de la pauvreté et augmenter le nombre d’enfants à l’école. Il le sait de façon très personnelle. Au fil des ans, il a souffert de perte de cheveux, de lésions cutanées et de troubles digestifs fréquents causés par une eau contaminée.

« C’est une situation désespérée, dit-il. Il y a de l’eau partout, mais pas une goutte à boire. »

Une photo du delta du Gange, vue de l’espace

Dans tout le delta du Gange, l’eau afflue en raison de la fonte des neiges de l’Himalaya et des pluies de mousson, en se chargeant de polluants sur son passage. Par conséquent, le Bengale-Occidental affiche la plus forte proportion de maladies d’origine hydrique en Inde.

Photographie : Agence spatiale européenne, par l’intermédiaire de Wikimedia Commons


Comme dans de nombreuses régions du monde, la région possède des eaux de surface souvent contaminées par le ruissellement, la pollution industrielle et le manque d’assainissement — un problème aggravé par les inondations récurrentes. Par conséquent, le Bengale-Occidental affiche la plus forte proportion de maladies d’origine hydrique en Inde, en particulier les maladies diarrhéiques aiguës. À partir des années 1970, les autorités ont encouragé la population à forer ce qu’on appelle des puits tubulaires dans les aquifères souterrains. Mais, par une ironie tragique, cette eau aussi était contaminée par un poison mortel : l’arsenic.

Cet élément hautement toxique qui s’infiltre dans l’eau constitue un problème mondial répandu, mettant jusqu’à 230 millions de personnes à risque, la plupart des contaminations provenant de l’arsenic naturellement présent dans la roche et le sol. Le problème est particulièrement grave dans le nord-est de l’Inde et au Bangladesh, où des experts ont déjà qualifié la situation de plus grand empoisonnement de masse de l’histoire. L’exposition à long terme cause une série de maladies, allant de lésions cutanées au cancer.

Sur le sous-continent indien, les rivières transportent des roches érodées de l’Himalaya et les déposent sous forme de sédiments riches en arsenic dans les vastes plaines alluviales qui s’étendent comme un ruban à travers le nord de l’Inde et le Bangladesh. Sans odeur ni goût, l’arsenic est indétectable dans les eaux souterraines, sauf au moyen de tests réguliers.

Il y a plusieurs années, Arindam Roychowdhury, propriétaire d’une entreprise de soins de santé à Kolkata, s’est rendu dans la sous-région éloignée de Kakdwip, parmi les chenaux de marée entrelacés et les îles le long de la baie du Bengale. Il a été consterné par ce qu’il a vu. « Les gens avaient attaché un filtre rudimentaire en tissu sur les puits tubulaires pour empêcher les insectes d’entrer dans l’eau », dit-il. « Les villageois buvaient l’eau d’étangs très pollués et utilisaient la même source d’eau potable pour laver les vêtements et les ustensiles, ainsi que pour se baigner. Certains de ces étangs étaient verts, couverts de mousse. Le ventre des enfants que j’ai rencontrés était gonflé comme un bol, et il était clair qu’il y avait une immense souffrance causée par des maladies d’origine hydrique. »

Roychowdhury, membre du Rotary Club of Calcutta, voulait aider et savait que son club, qui se concentre sur des actions dans les soins de santé, l’eau et l’assainissement, et l’alphabétisation et éducation de base, serait prêt à se joindre à lui.

Une connaissance chez Tata Chemicals, une entreprise spécialisée dans la fabrication de produits chimiques pour les industries pharmaceutique et autres, lui a parlé d’une machine de filtration qui utilise une forme de nanotechnologie efficace pour détruire les contaminants dans l’eau.

En chiffres

230 millions

Personnes touchées par la contamination à l’arsenic dans le monde

90 %

Pollution à l’arsenic d’origine naturelle

25�000

Personnes bénéficiant du projet de filtration en Inde

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