Mariam El Masry, Égypte
Mariam El Masry sait qu’avoir un impact signifie parfois reconnaître une occasion quand elle se présente. En lançant son initiative de changement social, qui consiste à apprendre à des réfugiés soudanais à fabriquer et à vendre de l’artisanat, elle a rencontré des migrants qui espéraient plutôt acquérir une autre compétence.
« J’ai trouvé un groupe de jeunes hommes et femmes qui avaient soit travaillé auparavant dans les médias, soit voulaient simplement apprendre la réalisation de films », explique El Masry, 51 ans. « Leur objectif était de faire de courts films documentant leur vie quotidienne en Égypte. J’ai trouvé cette idée très nouvelle et pertinente. »
Elle a donc décidé d’entreprendre cela aussi. Et, tout en gérant les aspects pratiques, elle a par hasard rencontré un réalisateur. « Il enseigne le cinéma à des prix très raisonnables, parfois même gratuitement », dit-elle. « Alors maintenant, ce sera une petite initiative parallèle à ma grande initiative. »
El Masry a choisi d’aider en particulier les réfugiés soudanais parce que l’Égypte et le Soudan, en plus de partager une frontière, sont proches sur les plans historique et culturel. « Ce sont les réfugiés les plus nombreux en Égypte aujourd’hui depuis le déclenchement de la guerre au Soudan, et ils font face à de nombreuses difficultés », note-t-elle. « Les réfugiés représentent aujourd’hui la crise humanitaire la plus grave. »
C’est la première fois qu’El Masry dirige un projet — ou des projets — exigeant autant de travail sur le terrain. Elle a passé près de deux décennies à travailler à la Ligue arabe, avec une interruption lorsqu’elle a obtenu une bourse pour terminer une maîtrise en politique du Moyen-Orient à la School of Oriental and African Studies de l’Université de Londres.
À la Ligue arabe, El Masry a travaillé pendant un certain temps au département du désarmement et de la non-prolifération, où elle a rédigé des rapports sur le programme nucléaire iranien. Elle suit actuellement la politique des pays d’Afrique de l’Ouest et la création d’un nouveau centre afro-arabe d’échange d’information sur la migration.
Comme elle passe une grande partie de son temps à « rédiger des rapports et assister à des réunions », El Masry était ravie et un peu nerveuse d’entreprendre son initiative de changement social, sans parler du lancement de la seconde. Elle a trouvé que les autres boursiers de la paix étaient des sources inestimables de conseils et d’encouragement, surtout l’infatigable et très extravertie Suaad Abdo.
« Au début, j’étais un peu perdue », dit El Masry. « J’ai reçu beaucoup d’avis de mon amie Suaad, parce qu’elle fait quelque chose de semblable. Nous nous encourageons mutuellement. Tous les boursiers ont un groupe WhatsApp, et nous échangeons des idées. »
Le fait de rester en contact avec les autres boursiers a donné de l’assurance à El Masry. Elle espère lancer une troisième initiative qui formerait des réfugiés soudanais qui sont avocats afin qu’ils conseillent d’autres réfugiés au sujet de leurs droits juridiques.
« Au début, je me disais : “La solution de facilité, c’est de m’en tenir à une seule chose” », dit-elle. « Mais ensuite, je me suis dit : “Pourquoi pas, si j’en ai l’occasion?” »
Cette histoire a d’abord paru dans le numéro de novembre 2025 du magazine Rotary.