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Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la péninsule coréenne est divisée. Partagée en 1945 — le Nord sous occupation soviétique et le Sud sous occupation américaine — les deux nations, toujours en conflit, peinent depuis des décennies à établir des relations pacifiques.
Depuis cette division, plus de 30 000 personnes du Nord ont fui en passant par la Chine pour venir en Corée du Sud et y prendre un nouveau départ. Pendant la pandémie de COVID-19, le nombre de personnes qui ont fait défection a fortement diminué en raison du renforcement de la sécurité frontalière. Avant l’éclosion de la pandémie, le régime du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avait aussi renforcé les patrouilles frontalières et ajouté une clôture électrifiée, rendant la fuite plus difficile.
Les personnes qui arrivent en Corée du Sud passent par un processus de réinstallation de trois mois géré par le gouvernement. Une fois libérées, elles sont placées sous la surveillance d’un agent de police. Le travail de se bâtir une nouvelle vie dans une culture coréenne différente leur revient.
La majorité des immigrants nord-coréens en Corée du Sud sont des femmes (72,1 %), et plus de la moitié ont entre 20 et 39 ans (57,2 %)
Beaucoup ont survécu à la violence des passeurs de défecteurs, à la peur pour leur vie, à la traite de personnes ou à des mariages forcés avant d’arriver enfin en Corée du Sud après des années passées à vivre en fugitifs
Après avoir obtenu le statut de défecteur, ils reçoivent un salaire mensuel d’environ 500 $ inférieur à la moyenne sud-coréenne, et leur taux de chômage est deux fois plus élevé que la moyenne sud-coréenne (6,3 %)
Statistiques du ministère de l’Unification de la Corée du Sud
La relation entre les Nord-Coréens et les Sud-Coréens est complexe. Faisant partie d’une même nation pendant des milliers d’années, ils partagent la même langue et célèbrent les mêmes fêtes traditionnelles. Toutefois, le souvenir de l’espionnage après la guerre de Corée persiste. En Corée du Sud, les personnes venues du Nord doivent s’adapter à un système et à une culture capitalistes qui leur sont étrangers, sans famille ni amis, tout en subissant la méfiance et les préjugés à leur égard.
En 2016, avec l’appui du Rotary Club of Ulsan Daeduck, des immigrants nord-coréens ont fondé le Rotary Club of Ulsan Freedom — un nom tout indiqué pour ceux qui ont risqué leur vie pour leur liberté.
Ju Eun Seok, la fondatrice du club Ulsan Freedom, a passé six ans en Chine entre la traversée du fleuve Yalu en 1997 et son arrivée en Corée avec son fils en 2003. Immédiatement après, elle a fréquenté l’université et s’est spécialisée en travail social dans le but d’aider les transfuges nord-coréens à s’adapter à la société. De 2010 à 2013, elle a été conseillère auprès des transfuges dans la région d’Ulsan et a soutenu les premières étapes de leur établissement. « Je suis aussi heureuse que si cela m’arrivait lorsque je vois des Nord-Coréens suivre une formation professionnelle, s’adapter à la société et trouver un emploi », dit-elle. Elle travaille actuellement comme formatrice en éducation à la réunification.
« La vie en Chine a toujours été angoissante et difficile à cause de la peur d’être découverte et forcée de retourner en Corée du Nord », dit Seok. « Mon mari chinois et moi devions souvent fuir pendant la nuit pour éviter les répressions menées par les autorités chinoises. Il a été difficile de s’adapter, même après notre arrivée en Corée. Je ne comprenais pas ce que les gens disaient — ils utilisaient des termes du capitalisme qui m’étaient inconnus, comme “marché boursier” ou “investissement”. Des mots anglais s’étaient intégrés à la conversation quotidienne. »
Cependant, Seok affirme que de nombreuses personnes en Corée du Sud l’ont aidée, elle et d’autres transfuges. Des rotary clubs ont offert des bourses et soutenu leur établissement. Après avoir passé quelques années à participer aux activités de rotary clubs à Ulsan, le gouverneur du district 3721 de l’époque, Hae-Sang Choi, lui a suggéré que rotary pourrait être un point de départ pour permettre à d’autres de tisser des liens avec la collectivité.
« Nous nous appelons “une unification déjà existante”. »

Aujourd’hui, le Rotary Club of Ulsan Freedom participe activement au service de sa collectivité avec d’autres clubs locaux. En plus d’appuyer les nouveaux immigrants et de les aider à s’adapter, les membres travaillent avec un orphelinat local pour aider le personnel à prendre soin des enfants. Lors de fêtes comme Chuseok (Action de grâce), Seollnal (jour de l’An) et Noël, le club invite des immigrants nord-coréens et des familles locales à faible revenu à partager de la nourriture et des cadeaux, à porter des costumes de fête et à passer du temps ensemble afin d’atténuer le sentiment d’isolement et de créer un sentiment d’appartenance. « Nous nous appelons “une unification déjà en existence” », explique Ju Eun Seok. « Nous croyons que nos activités aideront les habitants du Sud à accepter les gens du Nord sans préjugés, et que les gens du Nord sentiront qu’ils peuvent être acceptés, en nous voyant servir fièrement comme membres de la collectivité. »
Le club de Seok est l’un des nombreux clubs qui s’efforcent de rendre la transition des immigrants positive. Les rotary clubs en Corée du Sud appuient depuis longtemps les transfuges de Corée du Nord de diverses façons — en construisant des écoles pour les jeunes, en offrant des bourses et en fournissant des bilans de santé et des soins dentaires gratuits. Pendant la pandémie, cinq clubs (Ulsan-Dongbu, Ulsan-Jeil, Ulsan-Namsan, Ulsan-Muryong, Ulsan Freedom) ont livré des trousses de quarantaine à 580 immigrants nord-coréens dans la région d’Ulsan. Avec l’aide de personnes comme Seok et de leurs rotary clubs, des vies continuent d’être transformées pour le mieux.