Cela vaut bien le sourire d'un enfant en bonne santé
Par Dan Nixon
Actualités du Rotary International - 22 juillet 2009
Analia Ramos en compagnie d'une petite fille soudanaise en bonne santé à Torit, dans le sud du Soudan.
Photo : avec l'aimable autorisation d'Analia Ramos
Bravant la guerre civile, la crise économique et le manque chronique de tout dans le sud du Soudan, Analia Ramos a apporté aide et soutien aux habitants de cette région qui depuis près d’un an luttent contre la faim.
« J’aime cette région, ses habitants et mon travail, explique Mme Ramos, coordinatrice pour Concern Worldwide, une organisation non-gouvernementale de secours et de développement humanitaires. »
Ressortissante argentine et ancienne boursière des Centres du Rotary en 2004-2006, Analia Ramos supervise des actions visant à fournir des semences et des outils aux foyers les plus défavorisés, établir des banques de semences et des pépinières, et dispenser des formations aux techniques de labourage, d’apiculture et de forgerie.
Selon elle, la situation dans la région Sud du Soudan s’est détériorée depuis son arrivée en août dernier.
« L’insécurité a augmenté, la crise économique nous a frappés de plein fouet et les violations au traité de paix se sont multipliées, déclare-t-elle. Si vous ajoutez à cela la condamnation du président Bashir par la Cour internationale de justice, l’expulsion de 13 employés d’organisations non-gouvernementales et les luttes tribales, la situation de la région n’inspire pas le plus grand optimisme. »
Mais pour Mme Ramos, combattre la faim, atténuer et même parfois éliminer les souffrances des populations lui donne le sentiment qu’elle accomplit quelque chose d’essentiel.
Elle affirme que ne plus souffrir de la faim est un droit élémentaire pour tout être humain : « La santé et l’éducation en dépendent, ajoute-t-elle. Mais ce droit vient également avec des responsabilités : apprendre aux populations à produire pour qu'elles soient en mesure de se nourrir elles-mêmes. »
Mme Ramos décida à l’âge de sept ans qu’elle serait ingénieur agronome et à 12 ans, elle sut que ce serait en Afrique. Son expérience de boursière des Centres du Rotary à l’université de Bradford a, selon elle, défini sa carrière.
« Le Rotary m’a apporté une vision différente du monde, dit-elle. En combattant la faim, nous œuvrons pour la paix et le respect des doits de l’homme pour les populations les plus pauvres. »
Et de poursuivre : « La faim a fait plus de victimes que les conflits armés ou la maladie. Les grandes famines font d’abord la une de l’actualité, puis sont oubliées. La faim est un tueur très discret. »
Mme Ramos essaye de combattre les effets de la famine qui frappe la région Sud du Soudan par tous les moyens à sa disposition.
« La meilleure récompense est de savoir qu’un enfant a retrouvé le sourire, que quelqu’un est allé se coucher sans avoir faim et que Dieu est à nos côtés, même dans ces temps difficiles », conclut-elle.
Article écrit pour Reconnections