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 Un demi-siècle de service


 
 

Wilf Wilkinson, homme aux multiples talents, continue à servir le Rotary au plus haut niveau.

C' est le destin qui a amené Wilfrid J. Wilkinson à Trenton dans l'Ontario pour ouvrir un cabinet comptable en 1961, assurant à sa femme que la famille serait de retour à Montréal après un an. Mais Joan et Wilfrid prennent rapidement goût à cette vie plus calme. Il pouvait rentrer à la maison pour déjeuner et Joan passait le voir au bureau avec leurs quatre fils dans l'après-midi. En 1962, Wilfrid est invité à joindre le Rotary club de Trenton et la famille s'y établit définitivement.

Cinquante ans plus tard, M. Wilkinson est aujourd'hui grand-père, retraité après une carrière réussie dans la comptabilité et a servi le Rotary au plus haut niveau. Il a été président du Rotary International en 2007, le cinquième canadien à occuper cette fonction et le premier depuis près de 60 ans. En juillet dernier, il est devenu président du Conseil d'administration de la Fondation, et supervise la transition vers le nouveau modèle de subventions Vision pour l'avenir. M. Wilkinson a accepté de parler du passé, du présent et de l'avenir du Rotary avec Susie Ma, journaliste freelance pour Rotary Canada.

ROTARY CANADA : Quels sont vos plus forts souvenirs de ces 50 ans au Rotary ?

WILKINSON : La première convention internationale à laquelle ma femme et moi avons participé. C'était en 1964 à Toronto. J'avais rejoint le Rotary pour les actions locales que menait le club. À cette convention, j'ai pris conscience de l'internationalité du Rotary. Il y avait des Rotariens portant les costumes traditionnels de leur pays. C'était extrêmement intéressant, les discours aussi. J'ai eu l'honneur de devenir président de mon club en 1967. La passation de pouvoir le 1er juillet çoïncidait avec le 100e anniversaire du Canada et notre club organisait les célébrations car nous nous sentions bien impliqués dans la vie locale et du pays. Enfin il est impossible de ne pas éprouver une très grande fierté d'avoir été président du Rotary International. C'est à ce moment que vous vous rendez vraiment compte du travail énorme accompli par les Rotariens. Se voir confier les rènes d'une telle organisation  est un honneur et un rêve.

RC : Que signifient les insignes que vous portez au revers de votre veste ?

WILKINSON : Il y a d'abord la médaille de l'Ordre du Canada, la plus haute distinction civile décernée par le pays. Je l'ai reçu en mai 2007 des mains du gouverneur général du Canada au nom de la Reine pour mon action humanitaire avec le Rotary et de nombreuses organisations autour de Trenton. J'ai pendant longtemps hésité à la porter car je savais que je la devais aussi au travail de tant d'autres personnes. Puis un jour quelqu'un m'a dit : « Pourquoi ne portes-tu jamais ta médaille ? N'es-tu pas fier de ceux qui t'ont permis de l'obtenir ? ». Depuis ce jour je la porte plus souvent.

Je crois que chaque Rotarien se doit d'arborer cet insigne [pointant vers son insigne de Rotarien] et j'encourage particulièrement les Rotariens à se rappeler qu'ils ont le devoir de partager le Rotary avec les non Rotariens. Pendant mon mandat à la tête du Rotary, pour augmenter nos effectifs, j'ai donné des insignes à tous mes gouverneurs pour qu'ils les remettent aux Rotariens parrainant un nouveau membre. Depuis 1996, j'ai personnellement parrainé un membre chaque année, principalement pour mon club de Trenton mais aussi pour d'autres.

Je veux aussi que le public soit sensibilisé aux efforts du Rotary pour lutter contre la polio [montrant son insigne En finir avec la polio] et soutienne notre travail. Il y a aussi un autocollant En finir avec la polio sur ma voiture.

RC : Le Défi 100 millions de dollars du Rotary a été annoncé pendant votre présidence. Puis il a été rebaptisé Défi 200 millions de dollars. Que pensez-vous de ce défi et de l'éradication de la polio ?

WILKINSON : Je suis très reconnaissant envers Bill Gates. Le Rotary n'avait pas réalisé à quel point éradiquer la polio serait difficile et Bill Gates a contribué à redonner de l'élan aux Rotariens dans la dernière ligne droite. Nous avons encore un travail important à faire. J'étais en avril au Nigeria où la situation est difficile mais nous y enregistrons cependant des progrès. L'implication est cette année bien meilleure au Pakistan et au Nigeria. Mais contrairement à l'Inde, nous n'avons pas autant de Rotariens dans ces pays.

RC : Parlez-nous de votre rôle de président du conseil d'administration de la Fondation Rotary.

WILKINSON : Les administrateurs ont trois tâches : recueillir des fonds, les investir et les dépenser avec sagesse. Ils doivent aussi avoir une bonne connaissance des programmes de la Fondation. Les anciens présidents du Rotary sont bien souvent les meilleurs pour collecter des fonds et c'est pour cela qu'on leur demande souvent de devenir administrateur de la Fondation.

RC : Quel est votre objectif en matière de collecte de fonds ?

WILKINSON : J'espère que chaque Rotarien dans le monde, et particulièrement ceux d'Amérique du Nord, fasse un don chaque année à la Fondation. Avec un don moyen de 100 dollars US par membre, nous pouvons atteindre notre objectif de 120 millions de dollars US pour l'année rotarienne 2012-2013 [sur la base d'un effectif mondial de 1,2 million de membres].

RC : Que souhaitez-vous accomplir d'autre cette année ?

WILKINSON : Mon travail est de faire en sorte que chaque district soit prêt à travailler pour atteindre les objectifs établis par le plan Vision pour l'avenir. [Les axes stratégiques sont Paix et prévention/résolution des conflits, Prévention et traitement des maladies, Eau et assainissement, Santé de la mère et de l'enfant, Alphabétisation et éducation de base, Développement économique et local]

Le programme pilote en place ces deux dernières années [il prendra fin le 30 juin 2013] nous donne des indications sur les meilleures stratégies pour y parvenir. Sur cette base, nous préparons les districts à mieux utiliser les ressources offertes par la Fondation Rotary. Sous Vision pour l'avenir, la moitié des contributions des clubs d'un district reviendra après trois ans au district pour financer des actions. Il est facile d'allouer des fonds ici ou là mais nous voulons investir de façon à avoir un impact maximum et durable dans les domaines qui importent le plus. La question à se poser est : Par ce moyen, parvenons-nous à avoir un impact véritable ?


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