Réponse du Rotary et de ses partenaires à une épidémie de polio en Afrique
Par Dan Nixon
Actualités du Rotary International - 8 mai 2009
Une dose de vaccin contre la polio administrée à un enfant au Soudan.
Photo : avec l'aimable autorisation de l'Organisation mondiale de la Santé
Une récente épidémie du virus sauvage de la polio dans le sud du Soudan s’est également propagée dans certaines régions d'Éthiopie, du Kenya et d'Ouganda.
En réponse à cette situation préoccupante, le Rotary a attribué des subventions d’urgence d’un montant total de 500 000 dollars à l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour des efforts de vaccination dans ces pays.
Les administrateurs de la Fondation ont également approuvé en janvier dernier des subventions PolioPlus totalisant 2,2 millions de dollars en soutien de campagnes de vaccination dans cette région.
Selon des officiels de la santé, cette épidémie de polio demande une intervention urgente des gouvernements et des organisations partenaires pour éradiquer la maladie dans cette région du monde et empêcher la propagation du virus vers d’autres pays non touchés (processus appelé importation).
Les subventions d’urgence sont destinées à soutenir les efforts de vaccination en Éthiopie, au Kenya et en Ouganda au cours du mois de mai. Des campagnes de vaccination se poursuivront également dans le sud du Soudan dans un effort visant en priorité le point de départ de l’épidémie.
« Les récents cas d'importation du virus démontrent notre vulnérabilité envers les maladies infectieuses, particulièrement là où les vaccinations de routine sont peu nombreuses et les jeunes enfants non vaccinés », affirme Carol Pandak, directrice du programme PolioPlus.
Les autorités gouvernementales soudanaises ont mis sur pied un plan d’action d’éradication de la polio comprenant la création d’une commission de coordination interministérielle qui déléguera la pleine responsabilité de la réponse à l’épidémie aux autorités locales. Le président Salva Kiir Mayardit a publié une directive à l'intention des gouverneurs des 10 états du pays leur demandant d’obtenir dans le cadre de cet effort le soutien d’organisations non-gouvernementales ainsi que des leaders religieux et locaux.
Un leadership essentiel
Le Dr Hussein Gezairy, directeur de la région Est-Méditerranée à l’OMS, salue les nouvelles mesures prises par le gouvernement soudanais qui selon lui permettront de contrer cette épidémie.
« Un tel leadership qui nous permettra de stopper rapidement l’épidémie pour que les enfants des régions sud du Soudan soient débarrassés de la menace d’être paralysés à vie », a-t-il ajouté.
L’épidémie menace également les progrès réalisés par les pays exempts de polio pour l'élimination du virus sauvage et la prévention des importations. Même lorsque des épidémies surviennent pendant des efforts d’éradication, elles ne freinent pas la mise en place de tels efforts. Les épidémies démontrent cependant le besoin critique de stopper la transmission du virus dans les pays endémiques (Nigeria, Inde, Afghanistan et Pakistan) pour éviter l'exportation du virus comme cela a été le cas ces dernières années.
Une réponse à grande échelle à cette épidémie est aujourd’hui en cours dans la Corne de l'Afrique, y compris en Éthiopie, au Kenya, en Ouganda et dans le nord du Soudan. Une campagne de vaccination visant 2,9 millions d'enfants de moins de cinq ans a eu lieu du 27 au 29 avril dans le sud du Soudan et une autre campagne est prévue du 26 au 28 mai.
« L’expérience nous prouve que là où la propagation du virus a pu auparavant être stoppée, elle peut l’être à nouveau, a dit Carol Pandak. Une réponse à grande échelle rapide et efficace, couplée à une importante surveillance sont essentielles pour empêcher l’implantation à long terme du virus.»