O Canada!
Rotary Canada -- Juillet 2009
James Wheeler Davidson a parcouru plus de 235 000 km pour faire connaître le Rotary et initier la création de 23 Rotary clubs dans les plus grandes villes d’Europe et d’Asie. On le voit ici en Asie avec son épouse Lillian et sa fille Marjory. En bas : E. Leslie Pidgeon, premier président non-américain du R.I.
Rotary Images
E n juin prochain, des Rotariens venus du monde entier se retrouveront à Montréal à l’occasion de la 101e convention du Rotary International. Outre qu’elle sera la première d’un nouveau siècle de conventions rotariennes, cette manifestation marquera aussi le centenaire de la création du Rotary club de Winnipeg, le premier club du Canada qui se targue à juste titre d’être aussi celui qui a rendu le Rotary international.
En 1914, six autres clubs Canadiens avaient rejoint le club de Winnipeg dans la liste des 100 premiers Rotary clubs. Il s’agissait des clubs de Toronto, Vancouver, Halifax, Hamilton, Montréal et Victoria. Au cours des près de 100 années qui ont suivi, ces sept clubs se sont multipliés au centuple puisque le Canada compte aujourd’hui 728 clubs et plus de 27 000 Rotariens. Ceci place le Canada au 12e rang des plus de 200 pays et régions du Rotary, tant pour le nombre de clubs que pour l’effectif.
Une fois ces premiers clubs créés, les Rotariens canadiens ont rapidement assumé des postes à responsabilités au sein de l’association. E. Leslie Pidgeon, un Québécois arrivé au Rotary par la route de Winnipeg, est ainsi devenu en 1917 le premier président international non-américain. Il a en particulier établi un plan financier à long terme et a joué un rôle majeur dans l’élargissement du Rotary à l’Amérique latine.
En 1918 lors de la convention de Kansas City, Missouri, un autre Rotarien canadien, Donald MacRae, un brillant avocat de l’île du Prince Edward, prononce un discours incitant à promouvoir la bonne volonté et la paix entre les peuples, exprimant ainsi pour la première fois en public la vision du Rotary.
Trois ans plus tard à Edinburgh, en Écosse, le même MacRae profite de la 1ère convention organisée en dehors du continent américain pour proposer la version originale de ce qui est devenu le 4e objectif du But du Rotary : « Faire progresser l’entente entre les peuples, l’altruisme et le respect de la paix par le biais de relations amicales entre les membres des professions, unis par l’idéal de servir. »
Cette même convention d’Edinburgh a vu l’élection du second président canadien du Rotary International, Crawford McCullough de Fort William, Ontario. C’est à lui que revient au moins partiellement le mérite de la transformation du Rotary en une organisation internationale car, en plus de ses voyages personnels pour promouvoir le Rotary, il a surtout confié la mission de porter le Rotary en Australie et en Nouvelle-Zélande aux Rotariens J. Layton Ralston de Halifax et James Wheeler "Big Jim" Davidson de Calgary. Sept ans plus tard, ce dernier allait entreprendre une aventure remarquable qui allait permettre de renforcer le Rotary en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.
En 1933, quelques semaines à peine avant le décès de Jim Davidson, le journaliste John Nelson de Paisley, Ontario, devenait le 3e président canadien du R.I. Il allait être suivi d’Arthur Lageux en 1950-1951 et de Wilfrid J. Wilkinson en 2007-2008.
Si la participation illustre et de longue date du Canada à l’histoire du Rotary mérite d’être revisitée, il est également important d’en examiner la contribution présente et les possibilités futures. Grace à leurs idées et initiatives innovantes, les Rotariens canadiens restent aujourd’hui des pionniers du Rotary. C’est le cas du Rotary club de Ladysmith, en Colombie Britannique, dans le cadre du programme ShelterBox ou des clubs du district 7040, plus investis que jamais dans le Groupe d’action rotarien sur les microcrédits. Et cela sans que le soutien des Rotariens canadiens aux grandes causes historiques du Rotary ne faiblisse !
Les contributions financières et en volontaires du Canada à l’effort d’éradication de la polio ont été et restent significatives. Cet automne, le gouvernement canadien a annoncé une contribution de 30 millions USD à l’effort d’éradication de la polio en Afrique sub-saharienne, en supplément des 60 millions promis en juin 2008 pour en finir avec cette maladie en Afghanistan.
À ce jour, le Canada a contribué près de 331 millions USD à l’Initiative mondiale d’éradication de la polio, ce qui le place au sein des 5 pays les plus généreux en matière de contributions gouvernementales. Le fait que la commission PolioPlus internationale soit présidée par un Canadien, le Dr Bob Scott, souligne encore cet engagement.
Lorsque l’ancien président du R.I. Wilfrid J. Wilkinson déclare : « Le Canada a été un leader dans le combat pour l’éradication de la polio de la surface de la terre », il exprime clairement un sentiment de fierté nationale.
Le Canada a aussi été en première ligne de l’effort d’alphabétisation mené par le Rotary International au niveau mondial. Le district 7070 (Ontario) a été un leader dans ce domaine, en particulier grâce au travail de deux membres du Rotary club d’Alliston : Roger Hayward, coordinateur régional du Groupe d’appui pour l’alphabétisation du R.I., et Joan Hayward, coordinatrice Alphabétisation 2008-2009 pour la zone 22 Est.
Le Rotary club de Belleville a par ailleurs réalisé un catalogue très complet des programmes et actions d’alphabétisation viables au niveau d’un club. Un membre du même club, Michael Maloney, a pour sa part élaboré un programme d’alphabétisation performant, Teach Your Children Well .
Mais qu’est-ce qui rend les Rotariens canadiens aussi uniques ? « Nous pensons de manière internationale, pas nationale, explique Wilfrid Wilkinson. Aujourd’hui, 16 de nos 23 districts s’étendent au-delà des frontières canadiennes et, depuis le redécoupage des zones du Rotary, nos clubs sont membres de 5 zones différentes, au lieu d’une seule précédemment. Du fait de notre situation géographique, nos Rotariens échangent des idées et montent des actions avec des Rotariens américains et russes. Cette situation géographique unique influence notre manière de penser et d’agir en tant que Rotariens. »